Un biographe familial a une mission : restituer le vécu de son « biographé », utiliser les mots et l’écriture pour bâtir une histoire, écrire un livre qui sera ensuite transmis à la famille. Ce travail est une autre dimension de ma passion de l’écriture.

Les traces de la vie...

Les traces de la vie…

Mais d’où m’est venue cette idée ?

Enfant déjà, je prenais un immense plaisir à écouter les aînés raconter leurs souvenirs. Je me souviens de ces heures passées, dans la cuisine de ma grand-mère, attentif aux histoires de mon papy et ma mamie. Ils sont nés en 1899, tous les deux. Vous imaginez donc bien ce qu’ils avaient pu vivre comme aventures, c’est extraordinaire. Leurs souvenirs étaiement empreints de moments heureux mais aussi de tragédies. Ils ont traversé les deux guerres mondiales qui embrasèrent l’Europe. Ils donnèrent naissance à un enfant unique : mon papa. Celui-ci dû partir, avec ses amis de Cuesmes et des environs, au début de la seconde guerre mondiale, à vélo, en évacuation, pour rejoindre un foyer pour réfugiés dans les tréfonds du département de l’Ardèche, dans le massif central français. Quand mes grands-parents évoquaient ces souvenirs de mémoire, j’étais tout ouïe. Je ne ratais rien des détails. Avec les années, ces histoires de la famille sont restées dans ma mémoire mais je regrette souvent n’avoir pas pu en garder une trace indélébile, des écrits ou des enregistrements. Parfois, lors de moments privilégiés avec ma maman ou avec un ami d’enfance de mon papa, j’ai la chance de retrouver des épisodes de ce passé de mes aînés, quand on évoque les souvenirs d’un tel ou les aventures d’une telle. Mais je ressens un manque. Si seulement j’avais pu en écrire un livre…

Depuis que je me suis lancé à fond dans l’écriture, avec la publication de quatre livres dont deux romans (1), je me suis intéressé aux activités de biographe. Un biographe familial est comme un magicien : il ravive la mémoire. Un biographe a aussi le sens de l’écoute : il devient ainsi un confident privilégié. Un biographe  est un écrivain : il manie les mots, les phrases, les paragraphes pour donner naissance à un livre qui restera. Ce livre du biographe deviendra une trace de mémoire pour la famille, pour les amis, pour les anciens collègues et voisins du « biographé ». N’est-ce pas plus beau comme héritage qu’un meuble, un bijou ou de la vaisselle ?

Le biographe, passeur de mémoires ? Oui, sans nul doute.

La lumière des souvenirs

La lumière des souvenirs

Mais revenons au titre de cet article : « Votre vie est un roman !!! Elle mérite son biographe. » J’aurai pu aussi écrire ceci : « Votre vie mérite son livre. »

Toute vie mérite son livre. Ceci est mon intime conviction. Chaque fois que j’ai des entretiens avec des personnes, quelque soit leurs origines, leur culture, leur nationalité, je découvre des anecdotes, des histoires, des souvenirs qui m’inspirent. Et souvent, je me dis : « Cela ferait une belle histoire… »

Il y a un autre aspect intéressant dans l’aventure du biographe et de la biographie de son client : l’aspect « thérapeutique ». Attention, le biographe n’est pas un thérapeute. Mais, par l’effet d’écoute et de partage, tout au long des entretiens privilégiés qu’il a avec son client, il agit comme un aimant et permet au sujet de faire un effort de mémoire. Les souvenirs heureux enrichissent la personne. Ceux qui sont plus tristes voire même douloureux permettent aussi, par le biais de l’entretien et de la mise en écriture, de se débarrasser d’une sorte de fardeau, d’accoucher enfin d’un poids lourd à porter, de se débarrasser de ce caillou qui se trouvait dans la chaussure…

C’est sur ces différents aspects du travail de biographe que je partagerai avec vous, dans ce blog,  mes réflexions et expériences (sans trahir la confidentialité) car ces expériences sont aussi des pépites de bonheur pour celui qui écrit.

 

Soyez heureux.

 

Jean-Claude

(1) Livres de l’auteur cités dans l’article :

Troubles Jeux: Une romance sentimentale à suspense…

aller retour: Roman 2.0 – polar romantico-fantastique

Vivant: Ecrits de jeunesse (1977-1981)