Faire le choix du titre de votre roman est une des étapes les plus importantes à franchir dans la construction de votre oeuvre. Pourquoi ?

C’est le titre de votre roman qui va inciter le badaud à s’arrêter dans les rayons de sa librairie, regarder votre couverture, prendre en mains votre livre,  le retourner puis  lire la quatrième de couverture, feuilleter l’ouvrage pour  ensuite  se rendre à la caisse et  payer pour votre roman. Plus tard, après l’avoir lu (et passé quelques nuits blanches), il va en parler autour de lui. Il partagera ses commentaires. De ses impressions positives, il alimentera ensuite les réseaux sociaux… Et pourquoi ? Parce que ce sacré titre lui est arrivé, dans les cellules de son cerveau, comme un missile. Ce scud littéraire a activé quelques neurones, stimulé des réactions électro-chimique et entraîné un chamboulement émotionnel où la curiosité, l’envie et le besoin d’en savoir plus ont pris le dessus sur la raison (les 18 euros du prix de vente ttc de votre oeuvre inoubliable).

Bien entendu, d’autres éléments sont tout aussi importants que le titre de votre roman. Par exemple, la couverture et son illustration (je développerai ceci dans un autre article). Une belle couverture, accrocheuse, aura un effet positif sur le badaud. Et une photo percutante peut même augmenter les stimuli de la curiosité… La quatrième de couverture est d’une importance capitale (j’en parlerai prochainement) et va augmenter, considérablement, le nombre des lecteurs satisfaits qui vont vous lire et parler de vous.

Prenons un exemple concret : mon livre en cours d’écriture.

Comme vous le savez, je rédige, depuis plusieurs mois, un roman autobiographique consacré à l’enfer de l’alcool et aux différentes étapes de ma vie qui m’y ont enfermées. Je suis devenu, au fil des années, un esclave de l’alcool. De l’alcoolisme heureux et social, je suis passé, étapes par étapes, à l’alcoolisme dépendant qui occupait mon cerveau, 24 heures sur 24. Il m’a fallu des années d’efforts pour en sortir. Et je ne suis pas guéri. Je suis malade alcoolique à vie. Et oui, c’est une maladie incurable. On ne ne naît pas malade alcoolique. On le devient. Mais, une fois qu’on l’est, c’est pour toujours. Ah mais, je vous rassure, il y a une excellente nouvelle. C’est, aussi, une maladie stabilisable. Oui, stabilisable !!! On « stoppe » la maladie alcoolique… On la gère… Tout simplement en ne prenant pas le premier verre. Tout simplement en devenant un abstinent actif, un jour à la fois. Pour l’anecdote, ce 10 décembre 2016, cela faisait exactement 2.010 jours que je suis abstinent, un jour à la fois. Vous voyez, on peut y arriver.  😉  😉  😉 

le titre de votre roman est important

Bref, revenons au sujet principal de cet article.

L’importance du titre pour votre roman.

Et bien, comme vous pouvez l’imaginer, ma vie n’a pas été tout « roses et violettes ». J’en ai bavé, comme on dit. J’ai vécu des hauts mais aussi des bas. Et quand je dis « bas », c’est « très très bas ». J’ai même frôlé la mort à deux reprises.  J’ai passé des nuits en cachot. Je suis resté plusieurs mois dans un centre psychiatrique afin de gérer ma maladie alcoolique. J’ai perdu plusieurs fois des emplois. Je me suis retrouvé en situation de faillite personnelle et même sdf. Avec des moments vécus , comme ceux-là, on apprend à relativiser.

Et avec le recul, on regarde les années passées (l’esprit enfin clair) et on se rend compte que les plus pénibles moments de la vie ont été suivis de rebonds très positifs. Bizarrement, quand une énorme tuile m’est tombée sur la tête, un peu après, j’avais un nouvel horizon qui s’ouvrait à moi. Une catastrophe me permettait de découvrir d’autres issues, de nouvelles opportunités, des mains tendues que je n’attendais pas, des idées novatrices, des pistes d’évolution… Oui, d’une certaine façon, celles et ceux qui m’avaient fait du mal venaient de m’ouvrir de nouveaux horizons pour me permettre de me retrouver dix fois, cent fois mieux qu’avant. Et je les en remercie…

Bizarre, n’est-il pas, ce parcours de vie ?

Et pourtant, c’est très souvent comme cela que se  déroule la vie de tout un chacun. On passe par des moments « UP » puis par des moments « DOWN ». Un coup en haut et un coup en bas. Parfois, plusieurs fois en bas d’affilée et puis zou, on pousse de ses pieds quand on a atteint le fond de la piscine et on remonte. C’est la progression exaltante vers la surface de l’eau où l’on va récupérer une énorme bouffée d’oxygène. Rassasié, gonflé à bloc, on découvre l’espace environnant avec un nouveau regard, on est plein d’énergie et on nage, serein et confiant, vers cette île qui se dessine à l’horizon…

Oui, JC, c’est bien tout ça, mais le titre du roman, finalement ???

J’y viens. 

Mais d’abord, je dois vous avouer un truc. Ce roman autobiographique, c’est le livre le plus difficile que j’ai à écrire. Cela fait près de 15 années que je suis dessus. Je l’ai déjà écrit plusieurs fois. Et, chaque fois, je le range et le laisse reposer. Puis, après quelques mois, je le ressors. Je le relis. Et je le recommence. J’avais trouvé plusieurs titres : 

« Dans l’enfer de l’alcool »

« Le dernier verre »

« Heureux d’être AA-lcoolique »

« Eruption »

Et oui, vous voyez, il y a eu des essais mais aucun point marqué. Et soudain, j’ai une idée qui m’est venue. Après avoir rédigé une sorte de plan de vie et notamment relu mes anciens curriculum vitae, je me suis rendu compte que j’étais tombé plusieurs fois (c’est une image, certes, et pourtant…) et relevé ensuite… A terre… Puis, debout… A TERRE !!!  DEBOUT !!!

Et là, paf, d’un coup, l’idée m’est venue :

« 6 fois à terre, 7 fois debout »

Je tenais, enfin, mon titre.

Et le reste suivit, naturellement. La photo de couverture. Le design de la couverture. L’idée de la quatrième de couverture. Le plan marketing. Le communiqué de presse… A un tel point que j’enfilais près de 45.000 mots en quelques jours. Cela me prit d’un seul coup. Une rage d’écriture.

6 fois à terre 7 fois debout

Article Journal La Province

Le roman est maintenant en « sommeil » et sera repris d’ici quelques jours, durant les fêtes. En principe, il sortira pour l’été. Ce qui est certain, en tout cas, c’est que je ne fais plus marche arrière, j’avance. Le jour où « 6 fois à terre, 7 fois debout » sortira en librairie, je serai, enfin, libéré. article La Province 6 fois à terre 7 fois debout

 

Pour conclure, j’insiste avant tout sur le titre de votre roman.

N’oubliez pas que le titre sera le premier élément qui attirera l’attention (subliminale) de votre public. Un excellent titre associé à une couverture percutante, le tout relié à un descriptif de qualité sur votre quatrième de couverture, vous permettront de sortir du lot et de vous retrouver dans la file d’attente de la caisse enregistreuse de la librairie…  😉  😉  😉 

Soyez heureux.

JCL