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HSP — Hypersensible, moi ? Oui ! Et j’assume… ;-) (épisode 1 de 3)

La première étude à caractère « scientifique » réalisée sur le comportement général des alcooliques, réalisée avant 1940, permit de constater trois caractéristiques statistiquement rencontrées chez les malades de l’alcool :

 

  • Nous sommes puérils.
  • Nous sommes des hypersensibles.
  • Nous sommes des ambitieux au-delà du raisonnable. (1)

Bien. Alors, dans l’ordre, où est-ce que je me situe ?

  • Puéril : sans aucune hésitation, je confirme. Quand j’étais dans l’alcool, mon côté puéril se ressentait tous les jours ; j’agissais comme un enfant, comme un ado. Mes craintes  étaient irraisonnables. Mes actions tout autant. Je ne me comportais pas en adulte responsable.
  • Hypersensibilité : paf, dans le mille. Oui, je l’avoue. J’étais et je suis encore un sacré hypersensible. Avec les 24 heures, je maîtrise, mais le naturel revient au galop. Je pleure, oui je pleure d’émotion : un événement triste, une catastrophe, une joie immense, un enfant malade ou blessé, etc. J’ai besoin de vivre dans un environnement positif. Par contre, le côté « verre à moitié plein » de ceci, c’est que je suis un créatif dans l’âme. Liée à mon hyperactivité mentale, ma capacité créatrice peut faire des merveilles…
  • Ambitieux au-delà du raisonnable : eh oui, encore dans le mille… Orgueil et ambition furent mes deux compagnons de route durant de longues années. Dans mon ancien métier de « commercial », ceci me permit de gravir les échelons de la réussite et d’être une sorte de « King ». Mais à quel prix ? Un alcoolisme dopant qui a pris le contrôle de ma vie, une vie privée et familiale saccagée, deux infarctus, une mise en faillite personnelle, un statut de SDF et enfin deux séjours en institution psychiatrique, juste à temps pour éviter la maladie de Korsakoff et la folie définitive.

Aujourd’hui, je vais développer la notion d’hypersensibilité : la HSP.

 

« L’hypersensibilité est une caractéristique individuelle et non un trouble », précise le Pr Elke Van Hoof (VUB), spécialiste de l’hypersensibilité. « Cela signifie simplement que la personne hypersensible est dotée d’un plus grand nombre de capteurs. En neurobiologie, on considère l’hypersensibilité comme un facteur de personnalité supérieur. Le cerveau d’un HSP est différent de celui des autres. » explique le Pr Van Hoof.

Et de compléter : « Les HSP méritent une attention particulière. Ils sont plus créatifs que la moyenne et leur importance est cruciale au sein de la société. Ce sont des personnes qui ont un gros potentiel de réussite, mais il faut leur ménager suffisamment d’espace mental et leur permettre de fonctionner dans un environnement positif. Car lorsqu’ils se retrouvent dans un cadre qui ne leur convient pas, ils peuvent cumuler les échecs. »

 

Les études scientifiques déjà réalisées permettent de situer de nombre d’hypersensibles entre 15 % à 20 % de la population. Ces personnes remarquent des subtilités qui échappent aux autres et les ressentent avec plus d’acuité. C’est la psychologue américaine Elaine N. Aron qui fut la première, en 1991, à se pencher sur le cas des hypersensibles (2). Le site de la célèbre psychologue américaine permet de réaliser des self-tests (3) qui permettent de se situer.

 

Pour les francophones invétérés, vous pouvez suivre ce lien (4) qui vous donnera accès à plusieurs tests en français via l’association suisse « Les hypersensibles ».

Et moi, je me situe où et comment ?

Alors, suis-je différent ? Oui. Suis-je asocial ? Oui et non. Pourquoi ? Comme l’explique An Michiels (psychothérapeute elle-même hypersensible) les HSP se rendent vite compte qu’ils sont différents. Ils se sentent bizarres. Ils voient ou sentent souvent des choses que les autres ne perçoivent pas, alors ils se disent qu’ils ont tout faux. Ne formant que plus ou moins 20 % de la population, les HSP forment une petite minorité et cela peut être difficile à vivre, car la société valorise moins la sensibilité et le ressenti que la pensée et l’action. Comme le HSP est très empathique, il est aussi parfois « un peu lourd, voire insistant ». Je n’aime pas trop la compétition surtout depuis que je suis abstinent. Je n’aime pas la foule, les gros rassemblements, le bruit tenace, les grandes réceptions… Et les gens qui fuient la foule sont souvent perçus comme des asociaux. Donc, oui, parfois, je sors d’un salon du livre pour m’isoler, je me trouve un endroit peinard et je plonge en moi-même, comme une huître. Après une bonne quinzaine de minutes, je peux alors me replonger dans la foule et le bruit jusqu’à la prochaine séance d’isolement. N’ayant plus l’alcool dans le corps, je me suis adapté : cela m’a pris des années, mais je suis tellement heureux depuis…

 

Et, comme par hasard, je reviens une fois de plus à la pensée de mon ami stoïcien Michel C. : « L’important ce n’est pas ce qui m’arrive, c’est la façon dont je prends les choses ».

Alors, oui, soyons heureux, un jour à la fois…

 

Jean-Claude Lardinois

écrivain abstinent                            

 

 

Source de réflexion : article de Ann Heylens (mars 2017 — Plus Magazine)

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HSP — Hypersensible, moi ?   Oui !   Et j’assume… ;-) (épisode 2 de 3 : la puérilité)

  1. Simeoni Amabile

    Monsieur Lardinois, avez vous déjà pensé à organiser des ateliers d écriture pour écorchés vifs ? Ce serait certainement très enrichissant pour chacun.
    La façon dont vous présentez votre combat est très positive voire encourageante. Ce n est qu’ une idée.

    • Jean-Claude

      Bonsoir Mr Simeoni Amabile.
      Oui, votre idée est très pertinente et elle est dans la liste de mes projets…
      Mais l’écriture de « 6 fois à terre, 7 fois debout » et de « Impuissant devant l’alcool » me prend beaucoup de temps et d’énergie.
      Des tournées de conférences et de débats avec des questions-réponses suivront la parution des deux livres…
      Ensuite, oui, il y aurait possibilité d’ateliers thérapeutique d’écriture…

      Soyons heureux, un jour à la fois 😉

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