Je reprends l’écriture de mon prochain livre : « 6 fois à terre, 7 fois debout… » ou comment devenir heureux sans alcool.

heureux sans alcool

C’est certainement le livre le plus difficile à écrire auquel je dois faire face.

 

Pourquoi ?

 

« 6 fois à terre, 7 fois debout » n’est pas un roman ni une fiction : c’est l’histoire de ma vie. Enfin, c’est surtout l’histoire vraie, en live, de mon parcours de vie dans l’alcool. Oui, je suis un malade alcoolique. Je n’en ai pas honte. Je suis malade, ma foi, je n’en peux rien. Ca m’est tombé dessus. J’aurai pu être allergique aux fraises ou aux huîtres… Eh bien non, moi, je suis allergique à l’alcool. Je ne saurai pas me contenter d’un seul verre. Si je rebois ne serait-ce qu’un fond de verre, je peux vous assurer que vous allez me retrouver, dans quelques semaines, à la rue avec un gobelet pour vous supplier de me donner quelques piécettes…

 

Ce livre est un message d’espoir !!!

 

Je devais l’écrire. Enfin, je dois l’écrire, car cela fait déjà quelques années qu’il est « sur les rails ». J’ai rempli une dizaine de cahiers de notes lors de mes réunions chez les Alcooliques Anonymes mais aussi lors des passages en cure à Saint-Jean de Dieu. Ces cahiers, ces textes, ces dessins, ces photos sont autant de repères visuels qui ravivent ma mémoire. Ils me permettent de me retourner et de regarder le chemin parcouru.

 

Oh, je sais, il y en a qui vont dire : « Bah, ce n’est qu’un alcoolo… ». Ils n’ont pas tort. Ils ont même raison. Je suis un « alcoolo heureux ». Je précise, heureux, car abstinent, un jour à la fois, depuis déjà des centaines de 24 heures.

 

Pourquoi des « 24 heures » ?

 

Je vis un jour à la fois. On m’a appris à vivre comme cela. Ce qui s’est passé hier, je ne sais plus le changer. Ce qui m’arrivera demain, je ne m’en inquiète pas à l’avance. Ne dit-on pas que l’on s’inquiète souvent à l’avance pour des malheurs qui n’arriveront jamais ? Par contre, ce qui se passe dans ma journée active, aujourd’hui, dans mes 24 heures, ça c’est important. J’ai la chance de décider de ma journée. J’ai le choix de vivre cette journée comme je le décide et de faire face aux événements, heureux ou malheureux. Si je suis bien certains principes, ma journée sera positive. Oui, je me coucherai ce soir heureux, comme hier et bien moins que demain, car j’aurai vécu 24 heures sans avoir pris le premier verre, tout simplement.

 

Finalement, la vie n’est-elle pas devenue simple ?

 

D’une certaine façon, je ne regrette pas non plus ma maladie. Elle m’a permis de découvrir des amies et des amis qui ont la même maladie que moi et qui ont appris à l’accepter puis à la gérer. Mais cette maladie m’a aussi permis de découvrir un programme de vie qui a complètement changé ma façon de vivre au quotidien. J’ai appris à m’accepter, à faire des efforts, à résister, à me relever, à dire « non » (et ce n’est pas facile de dire « non »), à aimer, à aimer encore plus malgré les défauts des autres, à partager, à donner sans espoir de retour, à pardonner (même si j’ai de la mémoire et que certaines choses ne s’oublieront jamais), à travailler efficacement, à communiquer, à prendre la parole en public, à me presser lentement…

 

Tout ceci est venu, un jour à la fois, depuis ce fameux 1er octobre 2001. Oh, oui, il y a eu des chutes et des rechutes, mais chaque fois je me suis relevé. Je suis aussi un miraculé de l’alcool, car à deux reprises, je devais crever. Une fois aux urgences à Liège (il s’en est fallu d’un cheveu) et une autre fois chez moi (c’est mon chat de l’époque qui m’a sauvé la vie)… Vous voyez, tout est possible dans la vie. Il suffit d’y croire, d’être de bonne volonté, d’être sincèrement positif et tout est possible.

 

C’est tout ceci que je suis en train d’expliquer dans ce livre qui, je l’espère, permettra peut-être, un jour, à un ou une malade alcoolique de se reconnaître et de décider de vivre libre, sans ce poison mortel.

 

Car, oui, j’oubliais le plus important : l’alcoolisme est une MALADIE MORTELLE.

 

Et INCURABLE.

Mais j’ai aussi une très très bonne nouvelle : c’est, aussi, une maladie STABILISABLE !!!

 

Et le secret, c’est : refuser de prendre le premier verre (et les suivants, lol).

 

J’en termine avec ma formule de vie : SOYEZ HEUREUX !!!