Du binge drinking à la folie, le chemin n’est pas aussi long que cela…

Quand j’ai commencé à rédiger « 6 fois à terre, 7 fois debout » (le second livre de ma trilogie), je ne savais pas, à cette époque, que j’allais en réalité écrire trois livres dont le premier serait en partie rédigé pour les jeunes ados et les pièges du binge drinking.

L’idée de mettre sur le papier mon témoignage dans un premier livre m’est venue par hasard, lors d’une réunion dans un groupe de parole, en entendant le témoignage d’une amie alcoolique abstinente. Une sorte d’inspiration s’est emparée de moi et j’ai, de suite, plongé dans mon cahier de notes pour y jeter quelques idées. De fil en aiguille, l’idée a fait son chemin, un jour à la fois.

 

J’ai ensuite repris mes fameux cahiers. Plusieurs carnets, des livrets, des blocs-notes, des pages éparses, étalés sur ma table de travail. 16 années de réunions, 16 années de partages, 16 années de témoignages, de victoires et de défaites… Et, toujours, cette sensation de devoir accomplir une sorte de mission. Une dette à honorer, en quelque sorte. Rendre, du mieux possible, une partie de ce que j’avais reçu : la vie.

Quelques heures après…

Mais comment rendre ce qui n’a pas de prix ? Comment dire ma reconnaissance à celles et ceux qui m’ont sauvé ?

 

Tout simplement en livrant mon témoignage. Avec humilité, transparence et honnêteté. Essayer de faire comprendre comment je suis devenu, pas à pas, un alcoolique profond, un animal, un obsédé mental de ce poison liquide qui m’a bouffé plus de 20 années de ma vie, qui m’a enfermé dans un cercle infernal pour finir par me pousser à l’acte ultime, définitif.

 

L’idée a alors germé, par rapport à « 6 fois à terre, 7 fois debout ». Celui-ci devait devenir le livre central d’une trilogie. Je me devais donc d’écrire d’une part « l’avant » et d’autre part « l’après ».

 

L’« avant », c’est le livre « Impuissant devant l’alcool » qui permet de comprendre comment je suis tombé dans cet esclavage mental de l’alcoolisme, de ma tendre enfance jusqu’à ce fameux 3 octobre 2001 où j’ai poussé la porte des Alcooliques Anonymes.

 

L’« après », ce sera le troisième livre, dont le titre peut devenir « Heureux, un jour à la fois ». Un livre positif et optimiste qui permettra de découvrir comment et pourquoi je suis devenu un autre homme, heureux, serein, sobre mentalement et physiquement, stoïcien, mais aussi épicurien, abstinent quotidien et libéré, sage et actif, créateur et amoureux, heureux quoi…

 

Et les jeunes ?

 

L’autre raison pour laquelle j’ai écrit « Impuissant devant l’alcool », c’est la jeunesse. Oui, la jeunesse. Vous découvrirez que c’est durant mon adolescence que j’ai laissé ce poison s’insérer en moi, dose par dose. Oh, à cette époque, c’était du plaisir. Je buvais parce que j’aimais cela. Et je gardais bien entendu le contrôle. J’avais 13 ans, puis 15 ans puis 17 ans… Les belles années d’insouciance… Les fêtes, les soirées, les filles… Le rock and roll, les concerts, les guindailles… J’avais 19 ans, puis 23 ans, puis 26 ans… Toujours la fête, les plaisirs, le travail et l’amusement… Et déjà, parfois, quelques pertes de contrôles…

Avant et après…

Le binge drinking — l’ivresse rapide —, je le pratiquais modérément et malgré cela, j’ai perdu beaucoup de ma liberté, mais, de cela, je n’avais aucune conscience, à l’époque. Des cellules de mon cerveau s’éteignaient l’une après l’autre, je m’en foutais, je gérais… Oui, je gérais… Il y a de quoi en pleurer. « Si j’avais su, j’n’aurai pas tant bu », dirait le vieux sage qui déambule en ce moment, et depuis des années, dans un asile psychiatrique, amorphe, hors du temps, victime du syndrome de Korsakoff.

 

Oui, les jeunes, c’est pour vous, aussi, et même surtout, pour VOUS, que ce livre existe !!!

 

Ce piège à cons, je suis tombé dedans. Oui, les jeunes, j’étais très con. Et je le suis resté longtemps, CON. Et orgueilleux. Et timide. Et alcoolique.

 

« Être con, c’est aussi commettre la même erreur que le con qui vous a précédé ».

« On dit qu’on ne peut pas être et avoir été. Moi, j’en connais un, il a été con et il l’est encore ». ­

— Coluche —

 

 

Eh, les jeunes, écoutez, lisez ceci… 😉

 

Les jeunes, boire à fond la caisse le vendredi soir et le samedi soir pour ensuite ne plus boire jusqu’au vendredi suivant, c’est mortel !

 

Vous allez vous détruire. À grosses doses, en plus. Vous savez, les jeunes, l’alcool consommé AVANT 20 ans et APRÈS 40 ans est celui qui cause les dégâts les plus irréversibles. C’est le pire de tous. C’est mortel. Les études scientifiques (Université de Stanford) prouvent, sans aucun risque d’erreur, que le binge drinking est la voie la plus rapide pour plonger dans l’enfer de l’alcool tout en détruisant, à haute dose, ses cellules neurologiques, de façon irréversible dans la plupart des cas.

Conséquences neurologiques

J’ai été un pauvre con d’ado. Je n’avais aucune connaissance de tout ceci. C’est maintenant, à 55 piges, que j’en prends enfin conscience après des années d’abstinence. Vous savez, les jeunes, je suis un véritable miraculé. Mais, sachant ce que je sais, si je devais revivre une autre vie, je puis vous assurer que je ne tomberai plus dans ce piège vicieux. Il est très probable que je serai prudent, raisonnable et en mode sécurité. Et ma foi, oui, un peu moins CON.

 

Voici donc l’autre raison de l’existence de « Impuissant devant l’alcool » et de ma volonté de donner des conférences, de témoigner, d’expliquer, de tout dire… C’est, aussi, pour vous donner une petite chance de ne pas tomber dans ce putain de piège…

 

 

Allez, « à toute » comme on dit, et surtout, les jeunes, « BE HAPPY ».

 

 

 

 

Jean-Claude Lardinois

@écrivain heureux

 

Impuissant devant l’alcool
— Editions du Rapois —

 

Réf Wikipédia : Le binge drinkingbiture express1,2 la beuverie effrénée3 est un mode de consommation excessive de boissons alcoolisées sur une courte période de temps, par épisodes ponctuels ou répétés. Ce type de comportement où l’état d’ivresse est recherché rapidement est considéré comme une addiction ou une dipsomanie, dès lors que la dépendance à l’alcool, sous forme épisodique, est établie.