Quelques trucs d’écrivain pour votre roman…

Un bon truc d’écrivain : faire light. Comme le conseille Hemingway à celles et ceux qui veulent se lancer dans l’écriture de leur roman, il faut désosser. Munissez-vous d’un bon couteau aiguisé, relisez votre texte attentivement et attaquez-le sans pitié. C’est en éliminant  le superflu, le gras, la couenne, en attaquant l’os, que vous parviendrez à votre objectif : un texte allégé qui va à l’essentiel et qui saura parler à votre lecteur.

Hemingway au travail

Hemingway au travail

 

Pour rendre votre texte clair et cohérent, il va falloir supprimer des mots, élaguer votre texte. Repérez notamment :

1) Les répétitions
2) les mots superflus
3) les adjectifs inutiles
4) les termes et mots familiers
5) les phrases trop longues
6) les tournures passives
7) les propositions relatives
8) les verbes trop généraux qui reviennent sans cesse.

Découvrons ensemble votre trousse à outils pour votre roman…

Les répétitions : vous allez les détecter après plusieurs lectures attentives de votre texte. Vous serez surpris de constater à quel point certains mots ou certaines expressions se répètent. Faites un tri. Un formidable outil de la langue française va vous aider : les synonymes. Notre langue est très riche dans ce domaine. Un dictionnaire des synonymes va vous permettre de trouver le mot juste, ce mot qui permettra au lecteur de voir la scène, de se l’imaginer, de rentrer dedans…

Les mots superflus : évitez les mots inutiles, le « bla-bla-bla »… Votre lecteur n’est pas un idiot, il se rendra vite compte de la supercherie. Ce mot n’est pas utile ? Supprimez-le !

Les adjectifs inutiles : trop d’adjectifs tuent la description. Une fois de plus, j’y reviens : votre lecteur est intelligent. Il a la capacité de se plonger dans la scène où vous l’avez amené. Son imagination fera le travail tout seul. Cet adjectif est inutile ? À la poubelle. Si vous écrivez : « Ce splendide et merveilleux paysage, baigné de soleil, empreint d’une douceur bleutée… », votre lecteur n’aura pas la possibilité de s’imaginer le décor. Si vous écrivez « Devant ce paysage de rêve, elle… », vous laissez à votre lecteur la possibilité de s’imaginer ledit paysage. Respectez donc votre lecteur.

Les mots ou les termes familiers : évitez si possible le langage trop familier hormis pour les dialogues. Nous reviendrons d’ailleurs sur la technique des dialogues dans un autre article. De même, n’utilisez pas trop de termes compliqués ou scientifiques ou académiques, voire universitaires. Pensez à votre public. Votre texte doit se rendre accessible au plus grand nombre. Au besoin, vous pouvez insérer une référence qui renvoie à une explication en bas de page. N’abusez pas de mots « pompeux » sans raison.

Les phrases trop longues : une phrase courte va donner du rythme à votre texte et exciter le lecteur. Si vous avez tendance à écrire de longues phrases, retravaillez votre style et revenez en arrière, relisez et fractionnez. Une phrase longue peut générer trois phrases courtes et modifier le tempo de votre histoire. Votre style fera le reste.

Les tournures passives : il faut rester dans l’action. Vous avez produit des efforts pour garder votre lecteur dans l’histoire, ne le perdez pas avec des tournures passives où il va se perdre, voire s’endormir. Par exemple, écrivez « Jean lui lit un extrait de son roman » plutôt qu’« Un extrait de son roman lui a été lu par Jean… »

Les propositions relatives : armez-vous de votre fusil (votre gomme) et chassez-les sans pitié. Vous allez les repérer facilement quand vous détecterez les « qui », « que », « dont », etc. Elles alourdissent vos phrases et tuent le tempo. Elles nuisent aussi à la compréhension de votre texte. En général, les propositions relatives vont de pair avec des phrases trop longues (petit indice).

Les verbes « bateaux » : ici, on ne rigole pas non plus. Ils sont facilement identifiables, ces verbes généraux qui n’attendent qu’une chose : leur synonyme approprié ! Voici quelques exemples : être, avoir, voir, faire, dire… Allez-y à la tronçonneuse et plongez-vous dans votre dictionnaire des synonymes, vous en sortirez plus créatif et votre public vous en sera reconnaissant. De plus, le bon verbe bien choisi permettra de nourrir l’imagination du public.

Enfin, voici une règle universelle, absolue, à ne pas oublier pour votre roman :

LIMITEZ LES ADVERBES !

L’adverbe doit être votre ami, il doit vous permettre d’apporter une précision, un complément d’information, à votre mot ou votre message. En aucun cas, il ne doit alourdir la phrase et votre style.
Très souvent, l’adverbe alourdit le texte. Il l’encombre. Si votre mot ne se suffit pas à lui-même, c’est qu’il a été mal choisi, il ne convient pas à la phrase. Changez-le.
A contrario, l’adverbe peut se suffire aussi à lui-même, car c’est lui qui comporte l’information importante. Dans ce cas, il est indispensable. Exemples : Quand vient-elle ?  Demain. Il écrit bien.

Ces quelques conseils sont issus de mon expérience personnelle, mais aussi de la lecture d’ouvrages consacrés à l’écriture. Ils m’ont permis d’écrire mes premiers romans mais aussi d’aider d’autres auteur(e)s qui se sont lancés (exemple : Zoé Jules). Lisez, lisez et lisez encore… La lecture enrichit votre esprit et vous permet de nourrir votre créativité.

Pour le style, c’est un autre débat (nous y reviendrons dans d’autres articles), mais une règle universelle s’applique et la voici : soyez vous-même ! Votre style, c’est vous. Il va se développer, s’enrichir, se fortifier, se consolider… Il deviendra votre identité. C’est votre carte de visite.

Appliquez les conseils décrits ci-dessus et vous pourrez ainsi développer votre style dans les meilleures conditions.

Et vous, quels sont vos trucs ? Avez-vous d’autres idées ? Si oui, n’hésitez pas et proposez-les dans les commentaires ci-dessous. Ou posez-y vos questions…

Soyez heureux.

Jean-Claude Lardinois